GUIDE DE LA DEFENSE

Deux danseurs chamarrés entre les ensembles austères de la Défense: C’est le cadeau de Joan Miro au monde des affaires !

Lorsque l’on observe ce paysage incroyable de tours et d’hommes en costume, le regard est soudain happé par deux immenses danseurs, échappés de ce qui ressemblerait aux couleurs vives et aux formes changeantes d’un carnaval. Ce couple surréaliste semble évoluer dans une titanesque salle de bal, donc les murs et les colonnes seraient les tours sans fin qui bordent l’Esplanade.

 

Un tel accident graphique n’a même pas de nom; il est officiellement référencé sous Ensemble Monumental, ce qui le décrit bien, tout en échouant à transmettre l’exceptionnelle impression de fantaisie et de liberté que cette oeuvre crie au monde des affaires. Ces structures mouvantes, ces couleurs vives, les amateurs d’art les attribueront immédiatement au maître catalan Joan Miro.

 

Né en Espagne en 1893, Miro a tout d’abord travaillé là-bas avant de se rendre à Paris dans les années 20, quand la Ville Lumière explosait de créativité. Après s’être frotté à tous les mouvements artistiques, il rejoint finalement André Breton et les surréalistes. Ces mondes impensables de formes et des couleurs évoluant dans d’autres dimensions va fortement frapper les surréalistes, lui assurant rapidement la reconnaissance de tout le groupe. Puis il retourne en Espagne, plus précisément à Majorque, qui deviendra son quartier général, depuis lequel il continuera à voyager et à travailler partout, mettant ses oeuvres à l’université de Harvard, au siège de l’Unesco à Paris ou sur les Ramblas de Barcelone, sa ville natale. Peinture, dessin, céramique, mosaïque, et bien sûr sculpture, Miro s’est essayé avec talent à quasiment toutes les formes d’expressions artistiques.

Ces deux personnages, immenses, mesurant chacun plus de 10m, sont typique de Miro, bien que tardifs dans son oeuvre. Ils ont été installés à la Défense, entre le Grand Stabile Rouge de Calder et l’entrée principale des Quatre Temps en 1978. Si la presse n’a pas été très enthousiaste à l’époque, les enfants, et les adultes qui ont su garder leur âme d’enfant, adorent cette soudaine invasion de couleur et de fraicheur que provoquent ces danseurs à la Défense.

Le cadeau de Miro dépend de chacun. Peut-être, alors que vous vous précipitez vers votre réunion suivante, dans vos vêtements corporate et avec le stress habituel, peut-être que vous ressentirez ce pied de nez de joie et de couleur qui vous accompagne en dansant… Un clin d’oeil joyeux que l’on retrouve, bien évidemment, dans le studio Miro de Home in La Défense.